Meet-Up : le numérique peut-il servir le développement durable ?

Mardi 17 octobre, les producteurs de la Ruche du Quai fournissaient le cocktail d’une petite conférence qui avait lieu au Café des Orfèvres. Constance Nebbula, élue au numérique d’Angers Métropole, échangeait avec l’audience sur les possibilités offertes par le numérique en matière d’économie d’énergie ou de ressources. Au lendemain de la #ConnectedWeek, je vous propose d’aborder le numérique à travers le prisme du développement durable.

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Economies de papier, gestion des dépenses énergétiques, lutte contre le gaspillage alimentaire… De nombreux exemples nous viennent en tête lorsqu’il s’agit d’associer numérique, « smart city » et développement durable. Pour rappel, le « développement durable » doit, selon le rapport Brundtland de 1987 : “répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins”.

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Depuis une dizaine d’année, le nombre d’initiatives alliant numérique et développement durable a considérablement augmenté. Lors de notre Meet-Up, Constance en a dressé une liste non exhaustive que j’ai complétée sur quelques points. L’économie collaborative, le partage, la solidarité peuvent désormais être soutenus par des projets numériques. Ces valeurs et cette volonté de faire autrement existent sans internet, depuis longtemps, mais je pense que nous devons savoir saisir les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies pour faire le lien entre le online & le offline. C’est d’ailleurs le projet que je porte à travers la Ruche du Quai, et je vous invite dans cet article à parcourir les initiatives qui s’alignent sur ce créneau.

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  • Dans les transports : on peut évidemment penser à Blablacar & à l’idée que des grosses voitures qui roulent pour une personne, c’est dommage. Personnellement, je suis une grande fan du vélo et des transports en commun, mais j’utilise le covoiturage avec plaisir. ☝️ Il faut cependant faire attention à ne pas légitimer l’usage de la voiture en covoiturage là où on aurait pu s’en passer (article de l’Obs).
  • Dans l’administratif : c’est la mode, on « dématérialise ». Adieu factures, impôts, reçus dans les gros dossiers du bureau. Le numérique permet d’économiser l’utilisation du papier. De fait, on limite son coût de production, de transport et de traitement des déchets (qu’on espère recyclés). ☝️ Cette solution est à relativiser. Un papier bien produit et bien recyclé pourra avoir un impact carbone moins important que celui provoqué par l’impression d’une facture ou par le stockage des données sur un cloud. De plus, la production matérielle des outils numériques est clairement moins écolo qu’un livre de papier (1,3kg en équivalent carbone pour un livre contre 168kg pour une liseuse). Il faudrait lire 20 livres sur son Kindle pour devenir rentable écologiquement. Alors les factures numériques, oui, mais stockées sur un cloud local et pas imprimées, sinon ça sert à rien !
  • Dans l’économie circulaire : Back Market pour des téléphones reconditionnés, Vinted pour des vêtements, Phénix pour redistribuer les déchets industriels, Too Good To Go pour lutter contre le gaspillage alimentaire des commerçants… Grâce à ces applis, il est aujourd’hui possible d’acheter de nombreux produits à petits prix sans encourager un nouveau processus de production. ☝️ Attention à ce que cela n’incite pas excessivement notre consommation personnelle. En effet, avoir la possibilité de revendre et acheter mes biens si facilement ne devrait pas être synonyme de plus d’achats.
  • Dans l’agriculture : que ce soit pour limiter les intrants grâce aux drones (ce que font les éleveurs porcins de ma Ruche) ou pour mieux gérer les productions grâce à des capteurs connectés, les agriculteurs peuvent disposer d’outils qui aident à gagner en efficacité à la fois économique et écologique (voir les invités des RDV de l’agriculture connectée à l’ESA). Pour gérer les circuits de distribution, La Ruche qui dit Oui ! est aussi un outil mis à disposition des agriculteurs afin de capter un marché de consommateurs « connectés » et de pouvoir développer un catalogue en ligne. Il permet aux consommateurs de disposer d’une offre de produits locaux facilement une fois par semaine.
  • Dans l’énergie : Illek est une startup qui met en relation des producteurs d’énergie verte et des citoyens en recherche d’un fournisseur d’énergie renouvelable.
  • Pour l’engagement citoyen : je pense bien sûr à Miimosa, une super start-up qui permet aux citoyens de financer des projets agricoles de manière participative, comme ce fut le cas de mon producteur de pain. Je vous conseille aussi toutes les plateformes de pétitions telles que change.org ou mesopinions.com (le parcours d’une pétition en ligne pour les semences paysannes à suivre en allant voir Des Clics de Conscience au cinéma).

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Toutes ces solutions (parmi beaucoup d’autres) sont issues d’une véritable réflexion sur la consommation actuelle et sur ses enjeux demain. Je suis persuadée que nous devons profiter des opportunités offertes par le numérique pour le développement durable mais il est nécessaire de savoir prendre du recul sur ces avancées techniques.

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En effet, les équipements informatiques utilisent aujourd’hui 21% des dépenses énergétiques au bureau, et 2/3 d’entre elles sont effectuées alors que le matériel n’est pas utilisé (ADEME, 2017). Les mails consomment d’ailleurs énormément d’énergie : on en envoie 8 à 10 milliards dans le monde en une heure. Ils sont stockés dans des « clouds », hébergés dans des data centers. On estime qu’un data center moyen consomme autour de quatre mégawatts par heure, ce qui équivaut environ à la consommation de 3 000 foyers américains. Ces derniers chauffent énormément et pour les refroidir, il faut climatiser, et c’est pas très écolo. Heureusement, des entreprises travaillent à récupérer la chaleur des DC (un exemple à lire ici, un autre là), mais elles restent anecdotiques.

A notre niveau, nous pouvons essayer de ne pas laisser trainer trop de données. Pour cela, un soir gris d’automne, on peut penser à supprimer nos mails inutiles, à vider nos spams, ou encore à se désabonner des newsletters qui nous encombrent.

Numérique & développement durable se croisent donc dans leurs valeurs de partage et de volonté de croire à l’intelligence collective. Les nouvelles technologies permettent de connecter facilement des acteurs qui ne se seraient pas nécessairement rencontrés : alimentation, énergie, biens de consommation… Le numérique est un moyen de lutter contre le gaspillage des ressources et favorise ainsi les pratiques écologiques. Mais il faut faire attention à ne pas idéaliser tous ces outils qui ont encore du chemin à faire pour être 100% éco-responsables. Afin de proposer des solution vraiment durables, il sera nécessaire pour les acteurs du numérique de se mettre sérieusement aux énergies renouvelables, et pour les utilisateurs de limiter leur empreinte numérique à une échelle plus locale. 🌱

Pour retrouver les produits de la dégustation, rendez-vous sur la plateforme de la Ruche : https://laruchequiditoui.fr/fr/assemblies/10664/

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